Éric Furlan photographies

Woodward Boulevard, Bergerac

Il n’y a pas qu’à Detroit que les avenues sont bordées de maisons en ruines. À Bergerac aussi, avec la fermeture des usines et la dispersion des habitants, les carcasses des bâtiments désaffectés ont envahi le paysage.

La rue Valette est une portion de route qui conduit vers le nord-ouest du département. Tout le long se côtoient des maisons mitoyennes, quelques commerces et le lycée public. Mais l’épicerie, la papeterie ainsi qu’une boulangerie ont fermé leurs portes. Nombre de maisons de plain-pied sont à l’abandon, leurs murs lézardés et leurs jardins livrés en pâture aux ronciers. Les voitures ne s'arrêtent plus. Elles n'empruntent cette voie que pour traverser la ville. De rares piétons arpentent les trottoirs ridiculement étroits dont le bitume cède peu à peu sous la poussée des herbes folles.

Comme à Detroit, les racines triompheront peut-être un jour de la pierre et du béton. La végétation enveloppera les bâtiments et les hommes feront place aux rongeurs pour le bonheur des chats et des renards. Alors la ville, revenue à l’état sauvage, prendra définitivement des airs de « Motown » sous-préfectorale.


Photos prises à Bergerac (Dordogne) le 26 juillet 2017